L’alliance résignée que les leaders de l’ancienne formule de «Bennoo siggil Senegaal» ont tissée avec Macky Sall tarde à se stabiliser, alors que les nouveaux députés vont être bientôt installés. La bataille de la présidence de l’Assemblée nationale sera un autre obstacle de taille à la survie de «Bennoo bokk yakaar» (Bby) qui doit garantir une majorité parlementaire au président de la République. L’Alliance pour la République (Apr, parti du président) ne peut y arriver toute seule avec ses soixante-deux députés sur cent cinquante. Il faudra donc une disponibilité totale des cent dix-neuf élus de la majorité Bby, auxquels vont probablement se joindre ceux de «Bës du ñakk» et du Mouvement de la Réforme pour le développement social (Mrds). Ce renfort des effectifs sera également un renforcement des complications dans les relations au sein de la majorité présidentielle.
Les partis et mouvements qui avaient préféré participer aux Législatives sous leurs propres bannières plutôt que d’accepter des positions d’inéligibles sur les listes Bby ou, carrément, l’exclusion, vont reprendre leurs places, en tant qu’alliés de Macky Sall, mais sans les contraintes et, surtout, la soumission de ceux qui doivent leur présence à l’hémicycle plus aux négociations entre chefs de
partis qu’à leur mérité propre. Il n’est pas exclu que, ainsi qu’ils l’ont annoncé, les députés de la majorité élus sur leurs propres listes optent pour une forme d’autonomie plutôt que de se soumettre au «centralisme démocratique» des élus de Bby. Le discours qu’ils ont tenu durant la campagne pour les Législatives, promettant l’avènement d’un type de député nouveau, exclusivement motivé par la volonté, les intérêts et les besoins des populations, devrait les rendre moins sensibles aux mots d’ordre de l’Exécutif qui tentera, comme toujours, d’orienter les votes des parlementaires pour obtenir l’adoption de ses projets de loi. La nouvelle majorité, une fois qu’elle aura surmonté la répartition des postes du bureau de l’Assemblée nationale, deviendra une sorte d’Agora au sein de l’institution car elle devra négocier et débattre à propos de tout projet de loi et faire des propositions de loi pour remplir pleinement sa mission législatrice. Ce sera le prix à payer pour garder le contact avec l’opinion demeurée sceptique quant à la capacité des nouveaux élus à changer positivement l’image du député et de son mode de fonctionnement. L’autre dynamique à l’oeuvre dans Bby et alliés, c’est le transfert de légitimité vers le parti du président de la République afin d’établir la concordance entre l’Exécutif et le Législatif, les deux instances devant se compléter et se tenir sous une autorité commune. C’est le sens de l’instance de Macky à garder son statut de chef de parti en même temps que ses fonctions présidentielles. Le parti constitue un moyen honorable de faire main basse sur le parlement. Abdoulaye Wade avait fait de même, en faisant figurer cette disposition dans la Constitution de 2001 qui, contrairement à celle de 1963, reconnaît explicitement ce droit au chef de l’Etat. Il avait pu ainsi assumer des actes partisans en encourageant l’afflux vers le Parti démocratique sénégalais de militants découragés par la défaite de leur leader ou simplement soucieux de recommencer une nouvelle carrière en restant dans le camp du vainqueur. Les signes avant-coureurs de la répétition d’un tel processus étaient déjà perceptibles dans la volonté exprimée par certains secteurs de l’Apr d’aller seuls aux élections législatives, sans les alliés de la seconde vague. Il s’agit de ceux, en provenance de «Bennoo siggil Senegaal» pour l’essentiel, venus donner le coup de main indispensable à la victoire sur le président sortant Abdoulaye Wade. La tâche de Macky Sall est de voir plus loin et de se situer par-delà les positions sectaires des groupes les plus radicaux de son parti, pour garder à l’esprit qu’il ne peut rien faire sans ses alliés de Bby, même s’ils maintiennent leurs exigences d’autonomie. Le président, en tant que chef de coalition devra donc lâcher quelque peu la bride à l’attelage dont il dispose pour gouverner et qui, pour l’instant, promet de ne pas toujours marcher d’un même pas.
partis qu’à leur mérité propre. Il n’est pas exclu que, ainsi qu’ils l’ont annoncé, les députés de la majorité élus sur leurs propres listes optent pour une forme d’autonomie plutôt que de se soumettre au «centralisme démocratique» des élus de Bby. Le discours qu’ils ont tenu durant la campagne pour les Législatives, promettant l’avènement d’un type de député nouveau, exclusivement motivé par la volonté, les intérêts et les besoins des populations, devrait les rendre moins sensibles aux mots d’ordre de l’Exécutif qui tentera, comme toujours, d’orienter les votes des parlementaires pour obtenir l’adoption de ses projets de loi. La nouvelle majorité, une fois qu’elle aura surmonté la répartition des postes du bureau de l’Assemblée nationale, deviendra une sorte d’Agora au sein de l’institution car elle devra négocier et débattre à propos de tout projet de loi et faire des propositions de loi pour remplir pleinement sa mission législatrice. Ce sera le prix à payer pour garder le contact avec l’opinion demeurée sceptique quant à la capacité des nouveaux élus à changer positivement l’image du député et de son mode de fonctionnement. L’autre dynamique à l’oeuvre dans Bby et alliés, c’est le transfert de légitimité vers le parti du président de la République afin d’établir la concordance entre l’Exécutif et le Législatif, les deux instances devant se compléter et se tenir sous une autorité commune. C’est le sens de l’instance de Macky à garder son statut de chef de parti en même temps que ses fonctions présidentielles. Le parti constitue un moyen honorable de faire main basse sur le parlement. Abdoulaye Wade avait fait de même, en faisant figurer cette disposition dans la Constitution de 2001 qui, contrairement à celle de 1963, reconnaît explicitement ce droit au chef de l’Etat. Il avait pu ainsi assumer des actes partisans en encourageant l’afflux vers le Parti démocratique sénégalais de militants découragés par la défaite de leur leader ou simplement soucieux de recommencer une nouvelle carrière en restant dans le camp du vainqueur. Les signes avant-coureurs de la répétition d’un tel processus étaient déjà perceptibles dans la volonté exprimée par certains secteurs de l’Apr d’aller seuls aux élections législatives, sans les alliés de la seconde vague. Il s’agit de ceux, en provenance de «Bennoo siggil Senegaal» pour l’essentiel, venus donner le coup de main indispensable à la victoire sur le président sortant Abdoulaye Wade. La tâche de Macky Sall est de voir plus loin et de se situer par-delà les positions sectaires des groupes les plus radicaux de son parti, pour garder à l’esprit qu’il ne peut rien faire sans ses alliés de Bby, même s’ils maintiennent leurs exigences d’autonomie. Le président, en tant que chef de coalition devra donc lâcher quelque peu la bride à l’attelage dont il dispose pour gouverner et qui, pour l’instant, promet de ne pas toujours marcher d’un même pas.

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