BILAN DE LA CAN 2012 : Une compétition déroutante et pleine d’enseignements

Mardi 14 Février 2012

LIBREVILLE - Le sacre inattendu de la Zambie qui a battu presque tous les favoris, de la Côte d’Ivoire, au Ghana en passant par le Sénégal, la montée en puissance du Mali, la bonne prestation des deux pays organisateurs, mais aussi le fiasco du Sénégal et du Maroc, ont marqué la 28e édition de la Coupe d’Afrique des nations qui a pris fin, dimanche, à Libreville.

Zambie : La victoire d’un groupe stable et d’un coach respecté
L’équipe de Zambie a créé la surprise en remportant la Can 2012 face à la Côte d’Ivoire, dimanche soir. Le tout premier sacre des «Chipolopolos» en Coupe d’Afrique des nations (Can) s’explique, entre autres, par la stabilité du groupe et le football de qualité pratiqué par les Zambiens. En effet, 13 joueurs, ayant participé à cette Can 2012, étaient présents, lors de la Can 2008 au Ghana et 16 joueurs avaient pris part à la Can 2010 en Angola. Les Zambiens ont donc misé sur la stabilité ces dernières années et ils ont été récompensés. Au Gabon et en Guinée-Équatoriale, l’équipe de Zambie a franchi un cap décisif. Mais c’est aussi parce qu’elle a su miser sur un technicien compétent. Hervé Renard, ancien adjoint de Claude Le Roy en équipe du Ghana, s’est bien acclimaté au football zambien, lors de son premier passage à la tête de la sélection zambienne, en 2008-2010. Mieux, le Français a su tirer le meilleur du style «Chipolopolo», tout en y apportant la rigueur nécessaire, durant les grandes compétitions. Le sélectionneur a su aussi se faire respecter de ses hommes. Il n’a pas hésité à exclure Clifford Mulenga, une des stars du football zambien, lorsque l’attaquant a commis un écart de conduite et a refusé de s’excuser.

Côte d’Ivoire : La faillite des stars et d’un football individualiste
Les cadres ivoiriens qui ont pourtant l’habitude des grands matches en sélection et en club ont manqué leur finale, dimanche à Libreville. Il y a bien sûr le penalty raté par Didier Drogba à la 70e minute pour ce qui constitue, sans doute, le tournant de la rencontre et peut-être aussi le fil de la défaite. Mais le capitaine des «Éléphants» n’en était pas à sa première dans cette Can. Car il avait déjà loupé un penalty en quart de finale face à la Guinée-Équatoriale. Lors de la séance de tirs au but face à la Zambie, Kolo Touré et Gervinho ont aussi manqué leur tentative, alors que des jeunes comme Wilfried Bony n’ont pas tremblé. Dans l’ensemble, les «Éléphants» n’ont pas su apporter une réponse collective au défi des Zambiens. Ce qui traduit la faillite des stars et du football individualiste.

Le Mali assure, le Ghana déçoit
Le Mali, qui a terminé à la surprise générale la compétition à la troisième place, fait partie aussi des satisfactions de cette Can. Quant au Ghana d’André Ayew, donné comme grand favori pour remporter cette Can, il aura déçu en enregistrant deux défaites consécutives face à la Zambie en demi-finale et au Mali, lors de la petite finale.

Le fiasco du Sénégal
L’élimination des «Lions» du Sénégal constitue la principale sensation du premier tour de cette Can 2012. Malgré une armada offensive censée tout balayer sur son passage, le Sénégal a montré un visage pathétique, enregistrant la pire campagne africaine de son histoire (3 défaites en autant de matches). Dans un groupe A largement à leur portée, avec notamment deux équipes de petits calibres (Libye, Guinée-Équatoriale),
l’équipe coachée par Amara Traoré n’a jamais fait le poids. Le Sénégal a ainsi signé un fiasco qui a coûté cher au sélectionneur national, Amara Traoré, limogé par la Fédération Sénégalaise de football une semaine à peine après la fin du premier tour. L’autre grand favori qui n’a pas su être présent au rendez-vous, c’est le Maroc d’Eric Gerets qui a été également éliminé au premier tour. Comme le Sénégal, le Maroc est passé complément à côté de sa Can.

De surprenants pays hôtes
Avant le début de la Can, personne n’aurait osé miser quoi que ce soit sur un beau parcours des deux pays organisateurs. Mais à l’arrivée, le Gabon et la Guinée-Équatoriale ont déjoué tous les pronostics en s’invitant dans le Top 8 des quarts de finalistes de cette Can 2012, au grand bonheur de leurs publics respectifs. La seule fausse note pour les coorganisateurs aura été la désaffection du public, lors des matches des équipes autres que ceux des «Léopards» et surtout du «Nzalang Nacional». Car souvent, on a joué dans des stades vides, avec comme seul public la presse et quelques centaines de supporters.
De nos envoyés spéciaux Youssouph BADJI & Amédine SY

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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