BASILE BOLI, COMMENTATEUR A CANAL+ PENDANT LA CAN 2012 : «il faut un vrai entraîneur commando pour le Sénégal»

Jeudi 16 Février 2012

Le Sénégal cherche un entraîneur pour remplacer Amara Traoré. Mais selon Basile Boli, qui a suivi la Can 2012 en tant que commentateur de Canal+, les «Lions» ont besoin d’un commando. L’ancien international français que nous avons accroché à l’escale de Cotonou, de retour du Gabon, a également fait le bilan du tournoi.


BASILE BOLI, COMMENTATEUR A CANAL+ PENDANT LA CAN 2012  : «il faut un vrai entraîneur commando pour le Sénégal»
Basile Boli, quel bilan tirez-vous de la 28e Coupe d’Afrique ?
C’est un très bon bilan. Déjà du point de vue de l’organisation, il n’y a pas eu beaucoup de difficultés. C’est un peu difficile d’organiser avec deux pays. On s’adapte rapidement en Afrique. Je ne sais pas pour le Ghana et le Nigeria. Là c’est bien. Du point de vue technique, on n’a pas vu grand chose. Du point de vue surprise, je peux vous dire que ça a été la bonne. Parce la Zambie, vainqueur de cette coupe, ne faisait pas partie des favoris. Sur le terrain c’était bien.

Est-ce que vous vous attendez à une victoire de cette équipe zambienne ?
Franchement, non. Même quand ils ont battu le Sénégal, on se disait que cette équipe va monter crescendo. Mais pas jusqu’à battre tous les favoris de cette Coupe d’Afrique, à savoir le Sénégal, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est vraiment une équipe qui a fait un très très bon tournoi.

Pour vous qu’est-ce qui fait la force de cette équipe zambienne ?
Tactiquement, dans la circulation de la balle, dans la prise de risques et physiquement, elle a montré d’excellentes choses.

Comment expliquez-vous la faillite des stars des équipes comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ?
Ce qui fait la beauté de cette Can, c’est de voir que même les joueurs locaux ont été supérieurs aux professionnels. La Zambie, ça n’a pas été une grande surprise. Ils ont vraiment prouvé que quand on joue en équipe, on est meilleur que lorsqu’on mise sur les individualités.

Et de votre équipe, la Côte d’Ivoire qui a raté le premier podium, qu’il n’a plus retrouvé depuis 1992 ?
Déçu, oui ! Mais sur le terrain, la Côte d’Ivoire a été asphyxiée par la Zambie. Il y a un super collectif qui a permis à la Zambie de gagner. Cela prouve que le collectif est supérieur aux individualités. Donc, dans l’ensemble, c’est normal que la Zambie ait gagné.

Une équipe comme le Ghana faisait partie des favoris. Mais à l’arrivée c’est comme le Sénégal ?
Mais le Ghana, je crois qu’ils ont forcé un peu. Ils ont tellement forcé qu’ils ont été cuits. Ils se sont complètement fait bouffer par les Zambiens. Par contre pour le Sénégal, il y a eu une défaillance, un déficit collectif inexplicable. Les leaders étaient complètement en dessus de leur prestation. Parce que j’ai vu le Sénégal jouer au Cameroun. Je me suis dit que voici une équipe qui va gagner la Can. Car, aux phases éliminatoires, elle a fait oublier la Génération de 2002. Mais bon, le Sénégal comme la Côte d’Ivoire ont une chance de se qualifier pour la prochaine Coupe d’Afrique, c’est en 2013. Maintenant, il doit falloir repanser toutes les plaies. Et ce ne sera pas facile.

Quel commentaire faites-vous du limogeage d’Amara Traoré et de son staff technique ?
C’était plutôt brusque. Mais c’est la loi du sport.

Dans une de vos interventions sur Canal+, vous disiez que le projet du Dtn du Sénégal qui va jusqu’en 2018 était très long ?
Oui, c’est trop long. Un projet c’est maximum sur quatre ans. Bon, eux ils ont commencé depuis deux ans. Je ne sais pas s’ils vont le garder. Mais je trouve franchement que c’est trop long. Je parle par rapport à ce qui se fait en Europe. Il y a des cycles de formation. Je sors des centres de formation. Donc je sais de quoi je parle. Guy Roux par exemple, qui formait, faisait des cycles sur trois ans. Et non sur cinq ans. Donc c’est vraiment énorme.

Est ce que le Sénégal doit repartir du bon pied et ne pas rater l’étape de 2013 ?
La chance, c’est qu’on ait quelque chose. Pour ne pas rater 2013, il faut déjà commencer à travailler maintenant, trouver un entraîneur. Il faut aussi parler avec chaque joueur qui a participé à cette Can. Leur faire comprendre que quand on vient en équipe nationale, on a des responsabilités. Voilà, il faut donc trouver un entraîneur et une équipe compétitive pour attaquer les éliminatoires de la Can 2013.

Pouvez-vous dresser le portrait-robot du futur sélectionneur du Sénégal ?
Pas spécialement un Européen. Mais il faut un entraîneur commando pour le Sénégal. Un vrai commando pour gagner la Can. Si c’est avec la même génération, ils sont tous motivés à gagner quelque chose. Quand on entend le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ils veulent tous gagner quelque chose. Donc ce sera un commando.
Recueillis par Youssouph BADJI & Amédine SY

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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