Mercredi 19 Juin 2013
Le populaire online

Ansar Dine et l’Express Bamako-Dakar

Jeudi 5 Juillet 2012

-« A Tombouctou (nord-ouest du Mali), après avoir démoli pendant le week-end sept des seize mausolées de saints musulmans, les islamistes du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) ont franchi une étape supplémentaire en brisant la porte d'entrée d'une des trois plus grandes mosquées de la ville [la mosquée Sidi Yahia].
-« Ansar Dine et le Mujao, qui contrôlent désormais les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali - Tombouctou, Gao et Kidal (extrême nord-est) - sont alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), présente dans la région depuis plusieurs années.
-« ‘’Aqmi et Mujao, qui contrôlent Gao, ont miné les alentours de la ville. Beaucoup de gens cherchent à fuir, à prendre des bus pour gagner Bamako, mais les islamistes les empêchent de quitter la ville", a déclaré Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA basé à Paris.
-«Un responsable ouest-africain de la sécurité a lui aussi confirmé à l'AFP cette information. "Pour prévenir une éventuelle attaque des forces de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) et de bandes armées rivales, le Mujao a posé des mines par endroits autour de Gao", a-t-il indiqué.
-« Les dirigeants de la CEDEAO ont exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une résolution permettant l'envoi d'une force régionale au Mali.
-« La mosquée Sidi Yahia fait partie des trois grandes mosquées de Tombouctou, avec celles de Djingareyber et Sankoré. Toutes trois figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Des saints sont enterrés dans les mosquées de Djingareyber et Sidi Yahia, selon un expert malien. »

Toute cette actualité en rafale indique tout simplement qu’à nos portes, là au Mali, s’est installée une force politique et culturelle, sous couvert d’un islamisme qui n’a d’universel que le nom, pour menacer nos modes de vie jusque dans ce qu’ils ont de plus fondamental. Les pratiques qu’Ansar Dine est en train d’imposer aux populations maliennes du Nord et, qu’avec la complicité d’Al Qaïda au Maghreb islamique, elle ambitionne d’étendre à toute l’Afrique de l’Ouest sont aux antipodes de toutes nos valeurs culturelles, y compris celle inspirées par l’Islam, a fortiori des valeurs politiques modernes fondées sur la liberté d’opinion, d’expression, de culte. Notre manière de vivre est sous la menace d’une force politico-militaire porteuse d’une civilisation dominante et dont l’arrogance est démontrée par ce qui précède tel que l’actualité en est nourrie. Ces destructions de mausolées de saints musulmans africains noirs, ces mosquées à l’architecture sahélienne profanées ne sont rien d’autre que l’expression d’un profond mépris pour nos cultures et pour une pratique de l’Islam séculaire en Afrique noire. Si Ansar Dine et ses alliés du Mujao ont franchi cette étape dans leur projet de négation de nos valeurs traditionnelles et modernes, c’est que, dès le départ, quand, profitant du coup d’Etat du 22 mars à Bamako, ces organisations ont occupé le nord du Mali, elles ont senti avoir affaire à des dirigeants africains peu engagés, à des intellectuels et médias africains à la remorque des mêmes dirigeants, tous donc préoccupés que d’immédiateté. Et peu soucieux d’un avenir qui, pourtant, est peut-être pour demain, strictement. Qui pouvait, ce même 22 mars du coup d’Etat à Bamako, prévoir qu’une semaine après, Tombouctou et Gao seraient aux mains d’extrémistes islamistes de cette nature ? Qu’un mois après, des valeurs sociétales millénaires seraient ainsi bafouées, les populations autochtones si désemparées et impuissantes, leur liberté de mouvement entravée comme le montrent les dépêches citées en exergue ? Le Mali est à moitié sous coupe réglée islamiste, la Mauritanie fait semblant de se débattre pour contenir Aqmi hors de ses frontières et en repousse autant qu’elle le peut les dangereux éléments dans les pays voisins (le Sénégal compris), le Nigeria est quasiment en voie de destruction à cause de la secte islamiste extrémiste Boko Haram, le Ghana contient à peine son inquiétude, le Niger court des risques d’embrasement, notre pays est sous la menace évidente d’une contagion dont la paupérisation des populations fait le lit, et personne ne bouge en Afrique de l’Ouest, hormis les gesticulations de la CEDEAO ! Sauf la Côte d’Ivoire, pourtant, apparemment le pays le moins menacé, mais apparemment seulement, parce que des groupes extrémistes s’y sont manifestés depuis le milieu des années 90, nos pays semblent attendre avec fatalité que la « Communauté internationale », qui ne sait rien faire mieux que prendre son temps, prenne cette grave et urgente question en charge. Le Président Ouattara ne l’a pas attendue et a fait renforcer le dispositif de sécurité habituel de son pays en matière de communication et d’intelligence stratégique en faisant appel à la coopération israélienne, à un encadrement
spécialisé de l’armée par une cinquantaine d’instructeurs américains qui sont venus s’ajouter au dispositif classique français déjà en place.
Il s’agit de parer au plus pressé et, puisqu’on ne dispose d’aucune information précise sur les derniers accords de défense signés avec la France par le président Macky Sall, prions Dieu qu’ils l’aient été avec en arrière-fond cette menace extrémiste sur les valeurs démocratiques qui, tant bien que mal, permettent à nos pays de tenir encore debout. Je suis bien conscient que la tâche n’est pas aisée pour nos dirigeants, au Sénégal, de dénoncer et combattre toute action se parant des atours de la religion, même quand elle prend le visage hideux de ce qui a cours actuellement à Tombouctou et Gao, mais ce qui est en jeu, c’est le risque de voir remis en cause tant d’effort pour inscrire notre pays dans une trajectoire maîtrisable pour sa stabilité sociale, politique et culturelle. Alors, il faut expliquer les enjeux aux concernés, au besoin faire fi de leurs états d’âme. Et même, si certains prêcheurs de chez nous ne dissimulent point leur sympathie pour le genre de mouvements qui plongent aujourd’hui le Nigeria et le Mali dans le cauchemar ! Ils creusent ainsi leurs propres tombes. Chacun d’entre eux ne jure que par Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadj Malick Sy, Baye Niasse, Limamoulaye ! Or ce sont leurs équivalents de Tombouctou et Gao dont les sépultures ont été profanées, les mausolées jugés non orthodoxes et détruits au nom d’un islam qui n’est assurément pas celui que nous pratiquons depuis des lustres. Car tous ces saints hommes dont j’ai cité les noms disposent de mausolées du même type qu’Ansar Dine est en train de détruire au Mali, sans demander son avis à personne. Si ces gens mettaient la main sur tout ou partie de notre territoire, ils ne demanderaient l’avis d’aucun de nos députés estampillés « religieux » ou « islamistes », ces nouvelles stars de notre nouvelle Assemblée, avant de brûler toutes ces mosquées et d’abîmer tous ces monuments funéraires érigés à la gloire des précurseurs de l’islam chez nous. Or, comme me le faisait remarquer avec malice un chroniqueur réputé : « Pourtant, il leur suffirait de prendre l’Express Bamako-Dakar pour arriver chez nous ». Le trait n’est en rien exagéré, Ansar Dine est à quelques centaines de kilomètres de la gare de Bamako.
Par Pape Samba KANE

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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