ALIOUNE TINE, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA RADDHO : «Le Sénégal doit trouver les mécanismes de mettre en place un tribunal ad hoc ou international»
Vendredi 19 Novembre 2010
Le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), Alioune Tine, ne voit pas beaucoup d'inconvénients à la décision prise par la Haute Cour de justice de la Cedeao demandant la mise en place d'un tribunal ad hoc ou international pour juger Hissène Habré. Il pense que la balle est dans le camp des autorités sénégalaises qui doivent se donner les moyens de mettre en place un tribunal ad hoc.
«L'ex-président tchadien Hissène Habré peut bel et bien être jugé par un tribunal ad hoc ou international, mais c'est au Sénégal de trouver les mécanismes de mettre en place un tribunal ad hoc ou international». Telle est la lecture du Secrétaire général de la Raddho, Alioune Tine, après la décision rendue par la Haute Cour de justice de la Cedeao sur le procès de Habré. Alioune Tine de préciser : «On ne soustrait pas le Sénégal de sa décision de juger Habré, c'est simplement une pression qu'on lui fait subir. Maintenant, la balle est dans le camp des autorités sénégalaises. Autrement dit, le jugement de Habré ne dépend que de la volonté des autorités sénégalaises avec l'aide de l'Union africaine, bien entendu».
Soulignant qu'il y a déjà des acquis, M. Tine estime qu'«il faudrait maintenant mettre en place une commission de travail dans ce sens, composée d'experts».
Mais, ce qu'il déplore dans cette nouvelle décision, c'est le fait que les choses vont prendre un peu de retard, alors qu'une grande avancée était notée. L'autre fait non moins important qu'il relève dans cette décision, «c'est le fait que la Haute Cour de justice de la Cedeao ait donné raison dans une certaine mesure aux avocats de Habré, après qu'ils l'ont saisie pour lui dire que le Sénégal viole les dispositions de la non rétroactivité de la loi pénale». Revenant sur les crimes reprochés à l'ex-président tchadien, le leader de la Raddho tonne : «Ce sont des crimes internationaux, ils ne peuvent pas rester impunis. Le Sénégal a des obligations de juger Habré. Si le Sénégal ne le juge pas, c'est la Belgique qui va le juger, parce que le mandat d'arrêt international court toujours. Maintenant, nous attendons que la décision sorte et que le Sénégal prenne une décision avec l'Union africaine».
La Table ronde des donateurs pour le procès se tient à Dakar le 24 novembre
Pour sa part, un des avocats de l'État, en l'occurrence Me Mbaye Jacques Ndiaye, fait savoir qu'«il est difficile de commenter une décision de justice pour un avocat». Mais, il n'en soutient pas moins que «cela ne devrait pas empêcher un Sénégalais de donner son appréciation». Me Ndiaye de fustiger cette décision de la Haute Cour de justice de la Cedeao : «Si le Sénégal jugeait Habré, le droit serait dit. Le Sénégal est un État où l’on ne peut que rendre la justice, il y a des magistrats et des juges compétents».
De toutes les façons, martèle l'avocat, «si c'est une suspicion sur la justice sénégalaise, c'est extrêmement grave».
Pour ce qui concerne le volet financier du procès, Me Mbaye Jacques déclare que «l'Afrique n'a qu'à mettre les moyens. N'importe où Habré sera jugé dans le monde, ça sera les mêmes dépenses».
La table ronde des donateurs de Dakar, organisée par l’Union africaine (Ua), en collaboration avec le gouvernement du Sénégal, se tiendra le 24 novembre 2010 au Méridien Président. Elle aura pour objectifs de présenter aux États membres de l’Ua, aux pays et institutions partenaires, le budget estimatif du procès de Hissène Habré et mobiliser auprès de ces derniers les ressources financières nécessaires à la tenue du procès. La table ronde des donateurs vise également à recueillir les annonces de financement et convenir des modalités de mise en place, de gestion et d’administration du Fonds pour l’affaire Hissène Habré.
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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