4 janvier 2012 : il était une fois, Bennoo !

Jeudi 5 Janvier 2012

Je n’attendrai pas la fin de cette journée particulière, inédite, 4 janvier 2012, qui voit trois candidats à la prochaine présidentielle, parmi les plus considérables, recevoir presque en même temps l’investiture des coalitions les ayant choisis pour briguer les suffrages des Sénégalais en février prochain, pour suggérer qu’aujourd’hui se joue une partie que l’on risque de retrouver, avec d’autres enjeux, certainement, en février 2012. Il est 16 heures trente minutes quand j’entame ce papier, le Parti socialiste et ses alliés ont fini d’élever Ousmane Tanor Dieng au rang de candidat ; Benno SiggilSénégal et la coalition Idy4president sont en train d’armer Moustapha Niasse et Idrissa Seck, respectivement, pour être leur porte drapeau.


Je ne sais quel hasard du calendrier ou laquelle de ses contraintes, sinon quels calculs politiques, ou considérations superstitieuses ont conduit Idy, Tanor et Niasse à choisir ce 4 janvier comme jour de proclamation officielle de leurs candidatures, mais les concours de circonstances qui ont fait ce 4 janvier ne peuvent être gratuites qu’en apparence. Visez la une du Populaire d’hier (3 janvier). Son illustration,
les photos d’Idrissa Seck, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, de gauche à droite, comme pour reproduire l’ordre dans lequel ces trois candidats, déjà, en 2007, s’étaient classés, derrière le vainqueur, Abdoulaye Wade, ne doit, lui, rien au hasard ou à de quelconques contraintes, encore moins à des considérations politiques ou autres.

Les effervescences que connaît et que continuera de connaître cette élection décisive pour l’avenir du Sénégal n’y changeront rien ; les candidatures qui se multiplient, inattendues et parfois farfelues, certaines fois attractives, quand elles sont mises en balance avec les réelles défiances du peuple vis-à-vis des politiciens professionnels, n’y changeront rien non plus, le prochain président de la République, sauf surprise électorale sismique, sera issu des rangs des candidats de type classique, issus de formations politiques structurées, dont les parcours, y compris leurs responsabilités d’hommes d’Etat, ont fait, aux yeux des Sénégalais, les légitimes demandeurs du suffrage universel. L’absence de Macky Sall de cette chaude actualité ne l’exclut en rien, au contraire, de la représentation ci-dessus. Les éclats de son récent congrès, tel qu’en a rendu compte la presse, ne font que confirmer cette analyse et sa qualité de « candidat de type classique », quoique devant participer pour la première fois à une élection présidentielle. C’est un handicap apparent, parfaitement surmontable, visà- vis des trois qui font l’actualité de ce 4 janvier auxquels il nous faut revenir. Auparavant, réaffirmons que nous croyons fermement, malgré les Assises nationales et l’émergence rafraîchissante d’un autre type de société civile, politiquement décomplexée, à travers les mouvements citoyens, que l’électorat sénégalais n’a pas encore connu les mutations, et est loin des révolutions qui ont porté un Yayi Bonni au pouvoir au Benin…
La presse, amplificatrice et à la fois baromètre des événements en donne une parfaite illustration. Ce même 4 janvier, un candidat, bien sous tous les rapports, Mansour Sy Jamil, est aussi investi par une coalition. Qui en parle ?
On peut le déplorer pour mille raisons parfaitement recevables, mais c’est comme ça, au moins jusqu’à la prochaine élection. Sauf, encore une fois, séisme politique, le vainqueur de la prochaine élection présidentielle sortira des rangs des candidats de type classique : un politique, avec un parti derrière… A l’exclusion, bien entendu, d’Abdoulaye Wade, dont la participation à cette élection serait illégale et donc injurieuse pour notre démocratie… L’élection serait alors une mascarade, parce que passer cette difficulté constitutionnelle est bien plus difficile pour un chef d’Etat en exercice que de frauder une élection, un jeu d’enfant en Afrique, quitte à ce que ça passe au jeu de massacre pour ses orchestrateurs. On n’a pas besoin d’exemple… Pour en revenir donc à Idy, Tanor et Niasse, dont j’ai suggéré que la manière de duel à trois qu’ils nous ont joué ce 4 janvier se rejouera, lors des deux tours inévitables de février prochain, retenons que les contentieux politiques sévères qu’entretient le leader de l’Afp avec les deux autres risquent de l’isoler à un moment ou un autre de la joute, à la faveur d’une complicité personnelle entre Idy et Tanor,
au-delà des idéologies, qu’ils n’ont jamais dissimulée. Or, le quatrième inévitable larron de cette foire aux candidats de type classique qui fonde notre raisonnement, Macky Sall (qu’il y joue les premiers ou les seconds rôles), n’entretient pas, que l’on sache, des relations idylliques avec Moustapha Niasse. Pourquoi pensez-vous au gâchis qu’a constitué la quête irraisonnée des plénipotentiaires de Bennoo d’un candidat unique ? Il est 18 heures, ce 4 janvier. La mobilisation populaire exceptionnelle que le congrès d’investiture de Tanor a connue, telle que rapportée par nos reporters à la maison du Ps, Idrissa Seck est en train de faire un tabac dans la banlieue (à l’heure où vous lisez ces lignes, la presse
en a déjà rendu compte), Niasse peinerait à mettre à la place de l’Obélisque autant de monde qu’en a mis le « Congrès du peuple » du M 23, il y a une dizaine de jours. Il était (vraiment) une fois, Bennoo !
Par Pape Samba KANE

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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